Méchante surprise en entrant dans le Zénith d'Orléans : la fosse est occupée par des sièges ! Et encore nous évitons la catastrophe, autour de nous la moyenne d'âge doit tourner autour de 60 ans, les organisateurs auraient pû prévoir des fauteuils... roulants. Mon copain Hubert et sa charmante épouse sont aussi stupéfaits que moi, non attend, un peu moins tout de même.
Une fois la surprise passée nous nous installons, pardon nous nous asseyons bien devant, à coté d'une sympathique mamie occupée à régler sa paire de jumelle. Nous sommes pourtant très près de la scène, mais que veux-tu à cet âge il est normal d'avoir des problèmes de vue. Et puis c'est tout à leur honneur de se déplacer, enfin quoi merde, du respect s'il te plaît !
Exceptionnellement je ne vous retracerais pas la carrière de l'artiste, je te rappelle que Bernard a sorti ces premiers 45 T (he oui, te souviens-tu mon cher ami) en 1967 et son premier 33 T en 1968 "Premier Pas...". Mes lecteurs me reprochent de faire des articles trop longs alors je te laisse imaginer l'ampleur de la tache pour retracer plus de 40 ans de métier.
Entrons donc directement dans la reine, pardon dans l'arène, avec une première partie plus qu'honorable : BALBINO MEDELLIN. D'origine Espagnol, tiraillé entre Paris et Perpignan, Balbino commence sa carrière dès 13 ans en écumant les bars la guitare sous le bras. En 2001 sa carrière décolle, il collabore avec SERGENT GARCIA puis les accompagne dans leur tournée. En 2004 il assure la première partie de MANO SOLO et enfin c'est en 2006 qu'il sort son premier album "Gitan De Paname", suivi de très près par "Le Soleil Et L'ouvrier". Difficile exercice que d'assurer un spectacle seul. Et le bougre s'en sort plus qu'honorablement. Son savant mélange de chansons urbaines matinées de flamenco a fait mouche : la salle est chauffée à blanc pour l'arrivée de l'imcompable Bernard LAVILLIERS.
Le premier titre est joué rideau tiré, c'est un peu la tendance du moment. Magnifique jeu de lumières; en ombre chinoise les musiciens, et puis Bernard
commence à chanter. Les 2000 spectateurs sont déjà conquis !
Le rideau tombe et : tout le gang était là, ceux de Porto Rico, ceux de Cuba, les maquereaux de Harlem, les revendeurs de coke ou de coca, ceux
qui vivent au soleil avec des femmes blanches dans les villas. 9 personnes sur une scène immense. Le Stéphanois s'est entouré de musiciens exceptionnels qui démontreront leurs multiples talents
tout au long de ce set qui gagnent en intensité toutes les 10 secondes. En immense proffessionnel qu'il est, Bernard se permet des improvisations à couper le souffle, entrainant avec lui ses
musiciens. Un mémorable boeuf avec son saxophoniste me laisse totalement perplexe ! La tonalité du set est bien ancrée reggae même si parfois la salsa et la bossa reprennent le dessus.
Nous assistons à du grand art, met toi bien ça dans le crane mon copain. Nanard le dit lui même :
- "Je ne suis pas un lapin de 6 semaines".
Tout est parfait : lumières, son, musiciens, même ce public de retraités (je fais finir par me faire incendier) se jette à l'eau. Le Stéphanois est bavard et c'est un plaisir de l'écouter fustiger la politique du gouvernement et de taper sur la droite de ton copain Nicolas (si j'avais voté pour lui j'aurais honte). Pas bégueule il s'en prend également à Bayrou :
- "Il faut finir par savoir prendre des décisions (...) c'est debout ou couché".
Finalement le public se lève sur "Maria Bonita". Il y aura des massages aux anti-inflammatoire demain matin!
Le déroulement du concert est royal. Il alterne avec brio les anciens titres "Pigalle La Blanche", "Fortaleza", "On The Road", "Troisièmes Couteaux", "Petit", et les chansons de son dernier album "Solitaire", "Un Samedi Soir A Beyrouth", "Killer". Quelques moments de douceurs sur des titres en solo accompagné d'une Fender 12 cordes ou d'une guitare classique. Il s'offre une promenade à travers son public sur "La Salsa". Il est royal, tout de noir vétu, son éternel anneau à l'oreille droite.
La prestation fut éblouissante, à 62 ans l'artiste n'a rien perdu de son charisme, il se bonnifie comme ses vieux Bordeaux bien planqués dans ta cave que nous viendrons piller un soir.
Si tu es sage tu peux jetter un coup d'oeil sur ma page You tube,
http://fr.youtube.com/user/magiclilive
et tu replongeras à pieds joints dans le concert de mercredi soir.



